Voyage en Palestine, Pâques 2011
Posté par palestinerodez le 13 octobre 2011
Voyage en Palestine : rencontre avec Amjad, directeur des écoles des camps de réfugiés d’Askar
Askar se trouve en périphérie de Naplouse. C’est un camp de réfugiés qui a accueilli les familles palestiniennes expulsées d’Haïfa et Jaffa en 1948 lors de la Naqba, la catastrophe. A cette époque les différentes milices juives qui composeront la future armée israélienne (groupe Stern, Hagannah, Irgourn) sèment la terreur par exactions et vident les villes et villages des populations arabes pour construire l’Etat Hébreux.
Le père d’Amjad est né durant cet exode, son grand-père était parti avec sa famille en emportant les titres de propriété de sa maison et la clé d’entrée, espérant revenir dans quelques temps…
Au début du camp d’Askar, on compte un sanitaire pour deux milles personnes. Les gens s’organisent néanmoins. De nombreux militants politiques sont présents parmi les réfugiés : nationalistes, marxistes, musulmans. Chaque groupe va proposer un représentant, qui une fois coopté par l’OLP, siègera au Comité de Service Populaire, qui tente d’organiser au mieux la vie du camp.
Devant la surpopulation, un nouveau camp a été crée, Askar bis en quelque sorte. Sur un kilomètre carré de terre loué par l’UNRWA, l’organisme de l’ONU gérant les réfugiés palestiniens, s’entassent six mille personnes.
Durant la première intifada à partir de 1986, des milliers d’habitants du camp sont envoyés dans les prisons israéliennes, c’est le cas d’Amjad. Quand ils ressortent, à partir de 1991, c’est une génération d’autodidactes, qui ont étudié et appris l’hébreux en cellule. Ils n’ont pas de haine ni de volonté de revanche envers le peuple israélien, mais ils ont compris que la résistance à l’écrasement passerait par la défense de la culture palestinienne.
Ainsi des centres sociaux sont peu à peu créés. En 1995, une bibliothèque est financée par des dons de Suède. Aujourd’hui il existe un centre de développement social, où nous sommes reçus, qui enseigne la danse et des langues étrangères. De nombreux volontaires internationaux y interviennent pour de l’enseignement bénévole. Existe aussi un jardin d’enfants et un centre d’adaptation pour handicapés. En effet, des enfants naissent avec des handicaps physiques ou mentaux suites à des complications d’accouchement quand les mères sont bloquées aux Check Point. Pour ouvrir une école dans le second camp d’Askar, non reconnu par l’UNRWA, il aura fallu trente ans de négociation. Pour ouvrir une école je répète.
Le taux de chômage dans le camp atteint les 70% de la population, contre une moyenne de 36% dans la population de Cisjordanie. 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, mais Amjad nous précise qu’on ne verra personne dormir dehors en Palestine, c’est une société très solidaire.
C’est ce que nous avons pu mesurer en rencontrant Amjad et ses collaborateurs.
GH








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