Manifestation à Ni’lin, le 14 octobre 2011
Posté par palestinerodez le 13 novembre 2011
Membre du Comité Palestine Rodez, je suis en Cisjordanie depuis le début du mois d’octobre avec l’association palestinienne International Solidarity Movement. Le but de mon voyage, au delà d’avoir un bronzage impeccable pour Noël, est de rapporter les évènements dont je serai témoin. Voici donc un premier compte-rendu :
Ni’lin est une de ces nombreuses localités palestiniennes qui a vu une partie de ses terres amputées par le mur d’apartheid construit par Israël. Comme de nombreux autres villages, les habitants ne se laissent pas faire, et ont constitué un comité populaire de résistance contre le mur. Comme dans d’autres villages, chaque vendredi est consacré à une manifestation contre le mur et contre la spoliation des terres.
Trois jours après mon arrivée en Palestine, je pars donc dans un groupe de six volontaires des ISM pour accompagner les villageois durant la manifestation. Nous devons veiller à être visible par les soldats israéliens pour montrer qu’une solidarité internationale existe auprès des palestiniens. En cas d’agression par les militaires ou la police des frontières (IDF), nous devons filmer les exactions, recueillir les témoignages des victimes et constituer des rapports publiés dans les différentes sections nationales de l’ISM.
Nous patientons à l’ombre des oliviers, en attendant la fin des prières en ce jour religieux. Un peu plus loin se tient un autre groupe d’occidentaux, il s’agit de cinq israéliens venus montrer que tous ne soutiennent pas la politique coloniale de leur État de l’autre côté du mur. Les coordinateurs palestiniens viennent nous saluer, prennent la tête de la manifestation mégaphone à la main et nous invitent à les suivre. Devant nous il a une vingtaine de personnes qui se dirigent vers le mur. Je pense donc être en tête de cortège jusqu’à ce qu’un camarade me tape sur l’épaule. En me retournant je constate que nous sommes en fin de cortège. La manifestation ne compte que vingt-six personnes dont onze internationaux. L’époque est à la récolte des olives, qui constitue pour beaucoup d’agriculteurs le principal revenu de l’année, tous ne peuvent donc se permettre de perdre une heure de récolte.
Le cortège s’avancera jusqu’au mur. Le sentier est jonché de douilles de grenades lacrymogènes des précédentes manifestations. Les coordinateurs se succèdent au mégaphone et parlent en direction de la colonie de Mod in Illit, en arabe, en hébreux, puis en anglais. Ils réaffirment leur droit à vivre pacifiquement sur cette terre qu’ils cultivent, ils rappellent les différentes résolutions de l’ONU condamnant l’occupation israélienne et le mur, puis rappellent qu’ils n’ont pas d’armes et sont non-violents. Du haut des miradors, les soldats agitent des bouteilles de Coca pour bien montrer leur désintérêt. Quelques pierres volent contre la porte métallique bloquant l’ancien sentier, mais, chose peu fréquente dans la région, cette fois-ci il n’y aura pas de riposte.
Nous repartons donc comme nous sommes venus.
GH






